Pensez-vous que l’on obtient le meilleur de quelqu’un sous la contrainte et la pression, ou plutôt en le considérant avec intérêt et en l’encourageant ?

Naturellement, la réponse vous semble évidente, et la question « bateau », et pourtant… Combien de collaborateurs déplorent de ne pas être reconnus à leur juste valeur par leurs encadrants ou leur entreprise !

Mais comment se perçoit la reconnaissance pour chacun ?

Quels bénéfices un manager peut-il retirer en cultivant au quotidien la reconnaissance au sein de son équipe ?

Comment insuffler un vent de motivation inégalé grâce à la reconnaissance ?

La reconnaissance : un puissant levier de performance

Lorsqu’un collaborateur met ses qualités au service de l’accomplissement d’une mission, il attend que le manager reconnaisse ses efforts et ses réussites. Si rien ne vient, c’est la démotivation et le désengagement qui guettent.

Impliquer et féliciter son équipe à travers la reconnaissance est une pratique qui permet à chacun de trouver sa place au sein de l’équipe et d’apporter sa contribution au collectif.

Au-delà du formidable boost personnel de dopamine que constitue un compliment ou une marque de gratitude, faire preuve de reconnaissance entraîne un cercle vertueux d’effets positifs sur l’ensemble de l’équipe de travail :

  • motivation et engagement décuplés ;
  • performance encouragée ;
  • climat de confiance et de transparence installé ;
  • relationnel avec son équipe consolidé ;
  • turnover limité, baisse des arrêts maladie et talents fidélisés ;
  • intégration individuelle harmonisée en fonction des compétences.

Verbaliser des compliments fait grandir l’estime de soi. Cela aiguise ainsi le regard porté sur les autres et permet de déceler leurs qualités.

Celui qui reçoit la marque de gratitude prend conscience de ses qualités, et cela lui donne confiance en lui. Mieux, cela l’encourage à s’améliorer !

Cultiver la reconnaissance au travail, c’est apporter aux collaborateurs une véritable source de bien-être et un puissant levier de motivation : un vrai booster de moral facile à mettre en œuvre et qui ne coûte pas un centime !

Les 4 piliers de la reconnaissance selon le DISC

Donner une définition de la reconnaissance est difficile tant le sujet est vaste.

Toutefois, 4 grandes formes de reconnaissance font consensus parmi les nombreux chercheurs qui travaillent sur cette thématique (Christophe AndréEric Berne, etc.)

Elles sont directement liées aux trois dimensions principales du travail : la personne, le processus de travail et le résultat :

  • reconnaissance existentielle

relations interpersonnelles, communication, besoins individuels…

  • reconnaissance des résultats du travail

récompense basée sur des critères quantifiables : commissions, intéressement, etc.

  • reconnaissance de la pratique de travail

– compétences visibles : qualités techniques, savoir-faire, etc.

– compétences cachées : autonomie, créativité, innovation, respect des valeurs et principes de l’entreprise, etc.

  • reconnaissance de l’investissement dans le travail : efforts fournis, engagement.

Selon chaque individu, la perception de la reconnaissance se fait de manière différente. Et la reconnaissance seule des résultats tangibles individuels ne suffit pas à satisfaire les besoins d’un individu.

Ainsi, si l’on relie les types de reconnaissance listés ci-dessus aux profils dominants du DISC , on constate les rapprochements suivants :

– Un profil JAUNE est plus sensible à la reconnaissance existentielle ;

– Un profil ROUGE s’attache plus à la reconnaissance de ses résultats ;

– Un profil VERT préfère être reconnu pour ses efforts fournis et son utilité au groupe ;

– Un profil BLEU est plus susceptible quant à la reconnaissance de ses compétences et de ses méthodes.

Comment nourrir la reconnaissance

Vous l’avez compris, selon le profil (et donc les besoins) de chaque collaborateur, la reconnaissance se traduira de manière distincte.

Pour le manager, témoigner de sa gratitude et remercier un collaborateur requièrent des compétences bien particulières.

Rome ne s’est pas faite en un jour : établir un climat interne orienté « reconnaissance » est le fruit d’un travail de longue haleine où l’on mesure le bénéfice des mesures prises année après année.

 Il s’agit tout d’abord de respecter certaines bonnes pratiques :

  • reconnaître le travail de manière régulière, y compris les réussites les plus infimes ;
  • reconnaître l’investissement d’une personne, même si le résultat n’est pas atteint ;
  • être précis dans son feed-back : formuler avec clarté ce que l’on reconnaît et argumenter ;
  • doser sa gratitude en fonction des efforts fournis ;
  • éviter d’en faire trop pour que ça ne sonne pas faux ;
  • encourager la célébration des victoires individuelles ou d’équipe (même les petites !)

Les rats… ou l’importance du feed-back

Des chercheurs ont mené des tests avec trois groupes de rats dans trois pièces identiques. Ces trois groupes de rats furent nourris quotidiennement avec la même qualité et la même quantité de nourriture durant plusieurs semaines.

  • Le premier groupe fut nourri par un homme chaleureux qui leur parlait en leur amenant la nourriture. Petit à petit, il en vint même à les caresser.
  • Le deuxième groupe fut nourri par un distributeur automatique.
  • Le troisième groupe fut nourri par un homme colérique qui hurlait en distribuant la nourriture.


À votre avis, dans quelle pièce constata-t-on le taux de mortalité le plus faible et le taux de mortalité le plus fort ?

Bien entendu, on trouva le taux de mortalité le plus faible dans la pièce où la distribution de nourriture se faisait avec gentillesse.

En revanche, le taux de mortalité le plus fort fut constaté dans la pièce où on distribuait la nourriture avec un distributeur automatique !

Qu’il soit positif ou négatif, le feed-back est essentiel ! L’indifférence est la pire des réactions. Mais rien de mieux que la reconnaissance positive !

N.B. Contrairement à ce qui est généralement admis, et particulièrement dans la culture de certains métiers, le feed-back est perçu comme plus important que la rémunération ou les avantages matériels.

Les soft-skills, le socle de l’expression d’une reconnaissance sincère.

Sens de la mesure et autres qualités humaines sont les maîtres-mots pour exprimer sa gratitude :

  • Assertivité  : exposer son point de vue clairement et sans détour sans blesser ni s’imposer ;
  • Authenticité : rester fidèle à soi-même et faire preuve de transparence ;
  • Intelligence émotionnelle  : savoir utiliser ses émotions à bon escient et respecter celles d’autrui ;
  • Sincérité : congratuler avec justesse, remercier avec mesure. En faire des tonnes ou feindre la reconnaissance aurait un effet délétère ;
  • Simplicité : opter pour des mots simples, ils valent mieux qu’un long discours emphatique.

La pratique de la reconnaissance est une compétence clé dans le management d’aujourd’hui.

Partager des marques d’attention régulières, pratiquer le merci au quotidien… Lorsqu’un manager maîtrise ces pratiques, il essaime au sein d’un service une ambiance bienveillante, qui peut irradier dans l’entreprise tout entière.

Le cercle vertueux de la reconnaissance se met en place et c’est toute une culture d’entreprise qui change.


Sans reconnaissance, point de salut !