par Laëtitia Rudelle | Mai 27, 2022 | Performance commerciale
What ?
Mais depuis quand a-t-on besoin d’avoir le BAC pour être un bon commercial ?
Rassurez-vous, point d’épreuves de baccalauréat au programme de ce nouvel article. Seulement 3 lettres d’un acronyme qui fait référence à trois phases essentielles à toute bonne argumentation commerciale : B pour Bénéfice, A pour Avantage et C pour Caractéristique.
On trouve d’ailleurs plus souvent le même acronyme inversé (C.A.B.). Nous verrons d’ailleurs qu’il y a une petite subtilité entre les deux, et qu’elle a son importance.
Cette méthode inclut donc 3 éléments fondamentaux à prendre compte si vous voulez vendre ou si votre objectif est plus globalement de séduire.
Un B.A.C. Option « Argumentaire en béton »
Alors que l’expérience client a désormais pris le pas sur le pur marketing produit, et où le consommateur est toujours plus informé et plus volatil, il devient incontournable d’améliorer les moyens de la force de vente pour satisfaire la fameuse relation client.
Pour atteindre cet objectif, il apparaît capital, dès lors, au-delà de l’utilisation des outils classiques de facilitation tels que les logiciels CRM, de réorganiser et optimiser les techniques de vente.
Ainsi, parmi les méthodes de négociation existantes, aux acronymes plus ou moins abscons, on trouve le C.A.B.
Nous nous pencherons sur le C.A.B., avant de parler de sa variante, le B.A.C.
Si tout bon commercial a déjà été formé à cette méthode, très peu en maîtrisent véritablement les rouages et savent l’utiliser à bon escient.
Pourtant, essayer de vendre en faisant abstraction du C.A.B. revient à dire que vous pouvez séduire sans proposer un quelconque argument en faveur de votre produit… Autant dire que cette option est vouée à l’échec.
Rappelons-nous tout d’abord qu’un client achète pour satisfaire un désir, pas un besoin.
Les 3 notions de la méthode C.A.B.
- La Caractéristique : ce qui définit le produit
Essentielle pour faire comprendre l’offre, elle n’est qu’une fonctionnalité précise du produit, qui le distingue éventuellement de celui de la concurrence. Elle n’éveille qu’un intérêt mesuré pour le produit.
- L’Avantage : le réel plus du produit
C’est un avantage clairement identifiable par le consommateur, une caractéristique qui démarque clairement et positivement le produit de ceux des concurrents.
- Le Bénéfice : la promesse personnalisée
C’est l’impact positif résultant de la caractéristique et de l’avantage. Principal levier de la séduction, le bénéfice est la raison pour laquelle, inconsciemment, le consommateur bascule vers l’acte d’achat. Le bénéfice doit calquer au plus près du désir sous-jacent du prospect.
Si vous axez votre argumentaire sur les bénéfices d’un produit, ce n’est plus un simple produit que vous vendez mais une promesse autrement plus intéressante. Si votre argumentaire se porte sur une offre qui répond à la satisfaction d’un désir dans la vie de votre client, alors le prix deviendra un problème secondaire.
La méthode C.A.B. vous incite à faire le cheminement vers l’acte d’achat à la place de votre client. C’est donc à vous que revient la tâche de créer les ponts entre les caractéristiques, avantages et bénéfices pour lui.
Warning : cette méthode nécessite une certaine gymnastique d’esprit et de grandes qualités d’écoute. C’est à l’aide de questionnements subtils et pertinents que le commercial va réussir à faire évoluer sa position par rapport au produit.
Pourquoi B.A.C. plutôt que C.A.B. ?
La méthode C.A.B. permet de projeter votre client potentiel dans l’utilisation de votre produit ou service en créant le désir. Qu’en est-il alors du B.A.C. et pourquoi trouve-t-on les 2 acronymes ?
Voyons en quoi le B.A.C. diffère du C.A.B. et quels avantages cela implique.
Que se passe-t-il quand on commence par énoncer les bénéfices ?
Avec le B.A.C., on appâte directement le client avec du concret.
On le place au centre du discours dès le départ, et on l’invite à se projeter plus vite dans l’acte d’achat.
Cette gymnastique intellectuelle permet :
- côté vendeur : de construire des arguments adaptables aux différents profils de prospects et de faire preuve de créativité ;
- côté client : de recevoir des offres taillées sur mesure, de se sentir écouté et valorisé ;
MON CONSEIL : n’hésitez pas à ajouter une notion de preuve sociale avec des témoignages clients, par exemple.
Le B.A.C. et ses passerelles
La combinaison du B.A.C. à d’autres techniques de vente peut se révéler particulièrement efficace.
Par exemple, associé au SONCAS, le B.A.C. va permettre de mettre en lumière les motivations du client et donc d’appuyer sur les bénéfices qui feront la différence.
Avec une intégration plus large de la notion de bénéfices, cette méthode croisée permet de rendre votre argumentaire plus punchy et plus convaincant : en effet, vous aurez au préalable déterminé les arguments les plus adaptés au profil psychologique Soncas de votre client.
N.B. : Cette variante de la méthode CAP SONCAS (le P – de Preuves – a été remplacé par Bénéfices) permet de valoriser davantage l’aspect émotionnel d’une vente.
Grâce à la combinaison des deux méthodes, on va pouvoir activer les principaux leviers psychologiques qui favorisent l’acte d’achat.
D’autres outils peuvent être associés au B.A.C. pour affiner la connaissance du client, en ciblant spécifiquement ses besoins et ses motivations : à vous de voir, selon le produit et le profil client, le meilleur combo, celui qui permet de construire l’argumentaire le plus percutant !
par Laëtitia Rudelle | Mai 19, 2022 | Tous les articles, Performance managériale, Performance relationnelle
Dans nos deux derniers articles de cette série sur nos drivers, ces messages venus de notre enfance nous incitant à adopter toujours le même type de comportement pour obtenir la reconnaissance de notre interlocuteur, nous avons abordé le Sois Parfait puis le Dépêche-toi.
Aujourd’hui, nous portons notre attention sur le ‘’Sois Fort’’.
Cependant, rappelez-vous qu’à chacun des drivers correspond des aptitudes spécifiques pouvant s’avérer très bénéfiques dans certaines situations. Il ne s’agit donc pas d’éradiquer les comportements liés mais plutôt de les modifier lorsqu’ils interviennent à un moment non approprié.
Sans compter que nous activons souvent 2 voire 3 drivers en même temps …
Le message contraignant du ‘’Sois Fort’’
Le ‘’Sois Fort’’ a donc été ‘nourri’ aux messages suivants : ‘’Il faut être courageux/euse’’ ; ‘’Un grand garçon ne pleure pas’’ ou ‘’Il n’y a que les bébés qui pleurent’’ ; ‘’Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort’’ ; ‘’On n’est jamais mieux servi que par soi-même’’ ; ‘’Arrête de gémir/chouiner et montre que tu es fort(e)’’ ; ‘’Il n’y a aucune raison d’avoir peur’’ , ‘’Tu es trop sensible’’ ; ‘’D’autres enfants sont plus malheureux que toi’’ ; ‘’Moi, à ton âge, je travaillais déjà’’ ; ‘’Dans la vie il faut savoir se battre’’ ; ‘’Montre qui tu es’’ ; ‘’Prends sur toi’’ …
Les croyances fortes du ‘’Sois Fort’’ sont donc, tout naturellement : ‘’La vie est un combat qu’il faut gagner’’ ou ‘’Il faut se méfier des autres et montrer qu’on est fort(e)’’ .
Le ‘’sinon’’ implicite pourrait être ‘’sinon tu te feras marcher dessus’’
Ainsi, la vie du ‘’Sois Fort’’ se résume à essayer de ne jamais avoir besoin des autres et à prouver qu’il saura surmonter toutes les épreuves de la vie … seul.
Les points forts du ‘’Sois Fort’’
Orienté résultats, le ‘’Sois Fort’’ ne s’encombre pas de ses émotions. Il s’assure de les maîtriser en les intériorisant ce qui lui confère une sorte d’armure à toute épreuve. Cette distance émotionnelle s’applique également à lui-même : il s’écoute peu. L’important pour lui est de trouver des solutions aux problèmesrencontrés en se concentrant sur des critères factuels et objectifs. On le qualifie souvent de champion de la débrouillardise.
Son calme légendaire – il est souvent qualifié de ‘’force tranquille’’ – lui permet de faire face à tout type de situations difficiles. En effet, le ‘’Sois Fort’’ est capable de facilement supporter angoisse et inconfort et reste animé par une volonté de faire le choix le plus objectif et le plus juste. Il est, en effet, est guidé par un sens du devoir et une droiture hors norme.
Le ‘’Sois Fort’’ est un véritable atout au sein d’une équipe en raison de son excellente gestion du stress : rien ne l’ébranle.
Ces qualités font de lui un véritable leader et lui rendent confortable la prise de risques.
Des risques et des décisions qu’il assume souvent seul car il estime devoir se débrouiller, voire prendre en charge l’intégralité de la tâche, sans l’aide de personne. Ce qui pourrait être la preuve d’une grande autonomie reflète plutôt, chez le ‘’Sois Fort’’, une farouche indépendance.
Persévérant et déterminé, soyez certain qu’il ira jusqu’au bout des choses.
Bourreau de travail et ambitieux, le ‘’Sois Fort’’ peu avoir tendance à ‘se charger la barque’ et en accepter beaucoup à gérer. Il veut toujours aller plus loin, porté par son endurance et par le fait qu’il sait ‘serrer les dents’. Il peut avoir tendance à oublier que ses journées ne font que 24 heures.
Les points de vigilance du ‘’Sois Fort’’
Vous l’avez compris, le ‘’Sois Fort’’ fait preuve d’une grande exigence à son égard … exigence qu’il reporte évidemment sur ses collègues ou collaborateurs. Incapable de tolérer les comportements de faiblesse (les siens compris), il peut se montrer très dur voire être considéré comme inhumain. Cette perception des autres étant exacerbée par le fait que le ‘’Sois Fort’’ éprouve de grandes difficultés à parler de ses émotions.
Il s’enferme donc dans un cercle vicieux : je cache mes émotions car c’est un signe de faiblesse, je me déconnecte donc des ressentis des autres pour traiter l’information ce qui me fait adopter un mode de communication apathique où je néglige l’émotion de l’autre ce qui, en réalité, exacerbe son émotion par un effet de congruence d’humeur. Le tout en passant pour une personne méprisante et rigide.
Bien qu’il ait la capacité de prodiguer de bon conseils (n’oublions pas que c’est un expert de la résolution de problème), il finit souvent par faire à la place de l’autre. Il est donc loin d’être un expert de la délégation. En réalité, le ‘’Sois Fort’’ préfère clairement travailler seul.
Le plus grand risque pour un ‘’Sois Fort’’ est d’ignorer le besoin des autres et de rester ancré dans sa croyance forte : ‘’il ne faut pas montrer ce qu’on pense et ce qu’en ressent’’.
Cela ne vous rappelle rien dans nos fameuses personnalités issues du modèle DISC (lire notre article ‘’Cessez de traiter les autres comme vous souhaiteriez être traité(e)’’) ?
Ne retrouvons-nous pas notre Rouge et notre Bleu dans ce portrait du ‘’Sois Fort’’ ?
Accompagner un ‘’Sois Fort’’
La situation n’est pas plus facile pour le manager du ‘’Sois Fort’’. En effet, ce dernier risque de se suffire à lui-même, sans partage, sans interaction en pensant pouvoir tout gérer seul, jusqu’au jour où… l’isolement relationnel et émotionnel est un piège dans lequel le Manager doit s’assurer que le ‘’Sois Fort’’ ne tombe pas.
C’est pourquoi, si vous devez accompagner un ‘’Sois Fort’’, nous vous conseillons de travailler sur les axes suivants selon la méthode des petits pas :
- Aidez-le à se reconnecter à ses émotions. En effet, ce qu’il prend pour de la maîtrise des émotions est en réalité le refus d’entendre les messages importants que son corps lui envoie sur ce qui est bon ou moins bon pour lui. Contactez-nous pour obtenir plus d’information sur notre stage ‘’Apprivoisez vos émotions’’.
- Démontrez -lui que, derrière toute faiblesse, il y a une force. Rappelez-vous, nous avons les qualités de nos défauts. En lui donnant le droit à l’erreur et le faisant réfléchir sur ce qu’il a appris en se trompant, il apprendra à être plus tolérant envers lui-même.
- Engagez-le à demander de l’aide en mettant en avant la notion de complémentarité. Faites-lui faire un exercice simple : tous les mois il doit vous exprimer un besoin dans le cadre d’un projet en cours ou d’une mission dont il a la charge. Planifiez cet échange mensuel dont le seul objectif est de recueillir ce besoin et d’y répondre. Continuez ce rituel jusqu’à ce qu’il soit capable de demander de l’aide spontanément.
- Apprenez-lui à travailler en équipe. Pour ce faire, essayez de lui confier un projet / une tâche pour laquelle chacun des membres de l’équipe apportera une expertise particulière. Sans l’un de ces membres, le projet ne pourra aboutir.
Si vous vous retrouvez dans ce Driver ‘’Sois Fort’’ rappelez-vous …
‘’Celui qui n’a jamais fait une erreur n’a sans doute jamais essayé quelque chose de nouveau’’.
Albert Einstein
Enfin, gardez en tête que nous activons souvent plusieurs drivers en même temps. Alors suivez bien cette série d’articles qui ont comme unique vocation de vous simplifier la vie.
par Laëtitia Rudelle | Mai 5, 2022 | Tous les articles, Performance managériale, Performance relationnelle
Rappelez-vous, dans notre dernier article Perfection quand tu nous tiens… nous abordions le premier des cinq Drivers, le ‘Sois Parfait’.
Pour rappel, la notion de Driver a été développé par un psychologue américain, Taibi Kahler. Ce dernier a décelé que nos comportements étaient fortement influencés par des messages entendus dans notre enfance. Ces messages, ou plutôt ces injonctions, influencent aujourd’hui notre manière de penser et de réagir au point d’en devenir parfois contraignants.
Cependant, gardons en tête que nos défauts ne sont que nos qualités poussées à l’extrême. Cela signifie que ces messages contraignants, bien qu’ils puissent générer par moment des contraintes, nous permettent aussi de développer de nombreux talents et ressources.
Plongeons-nous maintenant dans le deuxième de ces Drivers : le ‘’Dépêche-toi’’.
Le message contraignant du ‘’Dépêche-toi’’
Le ‘’Dépêche-toi’’ a donc été ‘nourri’ aux messages suivants : ‘’Allez, va plus vite !’’ ; ’’Que tu es lent(e)’’ ; ’’Avec toi, il ne faut pas être pressé(e)’’ ; ‘’Arrête de traîner !’’ ; ‘’Tu n’as pas encore fini ?’’ ; ‘’À cette vitesse là, tu n’y arriveras jamais’’ ; ‘’Tu passes la seconde ?’’ ; ‘’Remue-toi’’ ; ‘’Il faut se dépêcher’’ ; ‘’Dépêche-toi de finir ton assiette’’ ; ‘’À ce rythme, on y sera encore à Noël’’ …
Les croyances fortes du ‘’Dépêche-toi’’ sont donc, tout naturellement : ‘’Prendre son temps est une perte de temps’’ et ‘’Le temps, c’est de l’argent’’.
Le ‘’sinon’’ implicite pourrait être ‘’sinon tu ne seras jamais à la hauteur dans ce monde en perpétuelle évolution’’.
Ainsi, la vie du ‘’Dépêche-toi’’ se résume à essayer de faire toujours plus vite en courant dans tous les sens.
Évidemment, il ne s’agit pas de supprimer (ce qui, entre nous, reste impossible) ces injonctions systématiques. En revanche, une fois que vous les aurez identifiées, il vous sera plus facile de faire le tri entre l’énergie positive que cela vous procure et les difficultés que cela suscite dans vos relations.
Les points forts du ‘’Dépêche-toi’’
Le leitmotiv du ‘’Dépêche-toi’’ est clair : l’efficacité avant tout. Centré sur son objectif, son but est de délivrer vite et bien sans s’encombrer de tout ce qui est, à ses yeux, accessoire et superflu.
Cela lui confère une capacité à travailler vite et dans l’urgence. Cette pression de l’urgence ne l’en rend, d’ailleurs, que meilleur. Enfin, c’est ce qu’il croit …
L’avantage est qu’un ‘’Dépêche-toi’’ respecte les délais que vous lui imposez 😉
Sa pensée est aussi rapide que ses gestes. En effet, le ‘’Dépêche-toi’’ comprend aussi vite qu’il peut s’ennuyer. C’est la raison pour laquelle il multiplie les activités en parallèle, pour rester constamment en mouvement. Sa ‘’To do list’’ déborde et quand elle vous semble être celle de la semaine, il vous répond avec étonnement : ‘’bah non, c’est celle de la journée !’’.
Le changement, les risques … rien ne le freine. Son esprit est vif et fourmille d’idées ce qui lui permet de trouver des solutions alternatives pour accélérer les procédures ou surmonter les obstacles.
Son dynamisme peut être contagieux et il embarque facilement son entourage. Il faudra juste le suivre …
Les points de vigilance du ‘’Dépêche-toi’’
Car le ‘’Dépêche-toi’’ a son propre rythme et gare à ceux qui ne le suive pas !
Vous prenez le temps de lui expliquer les choses ? il vous coupe la parole pour aller droit au but.
Vous hésitez à prendre une décision et prenez le temps de peser le pour et le contre ? il s’agace et vous reproche un manque de courage.
Le ‘’Dépêche-toi’’ est comme ça : impulsif, impatient avec ce besoin fort d’avancer, coûte que coûte.
Ambitieux et avide d’apprendre, de gérer de nouveaux (et nombreux) projets, le ‘’Dépêche-toi’’ peut vite s’éparpiller en commençant mille choses qu’il ne finira pas. Sa barque est parfois tellement chargée (puisque pour lui, tout est possible) qu’il en arrive à la faire couler et lui avec. Sa course contre le temps devient alors tellement stressante qu’elle s’achève parfois en burn-out. Sans compter le stress qu’il génère sur les autres.
Car, cette pression du temps, le ‘’Dépêche-toi’’ la transmet évidemment à son entourage qu’il pourra considérer trop mou pour mériter de le suivre dans ses projets. Il les laissera alors sur le carreau pour faire à leur place ou, s’il n’a pas d’autre choix que celui de collaborer, deviendra un tyran focalisé sur le temps, incapable d’expliquer les choses et exigeant un résultat immédiat.
Malheureusement, il arrive au ‘’Dépêche-toi’’ de bâcler ses projets en sautant des étapes pour voir des résultats plus rapidement. Parfois, avec de graves conséquences à la clé.
Imaginez que nous décidions de construire une maison sans prendre le temps de poser ses fondations … que se passera-t-il d’après vous ? Prendriez-vous le risque d’y vivre ?
Et, lorsque le temps s’arrête, lorsque la charge de travail se réduit, que se passe-t-il pour ce Buzz l’éclair des temps modernes ? et bien il procrastine. Comme un véhicule sans carburant, il se stoppe net et devient incapable d’avancer.
Vous l’avez compris, sa crainte principale est de perdre du temps.
Cela ne vous rappelle rien dans nos fameuses personnalités issues du modèle DISC (lire notre article Cessez de traiter les autres comme vous souhaiteriez être traité(e)) ?
Ce serait-ce pas notre Rouge que nous retrouvons sous le ‘’Dépêche-toi’’ ?
Accompagner un ‘’Dépêche-toi’’
Évidemment, il ne s’agit pas d’essayer d’éliminer ce carcan mis en place depuis l’enfance et qui limite notre adaptabilité relationnelle. Il s’agit davantage d’apprendre à en retirer du positif en introduisant des permissions afin de reprogrammer un minimum l’inconscient.
L’objectif est évidemment de limiter le stress négatif suscité par ces injonctions fortes ainsi que d’exploiter les forces inhérentes à ces comportements difficilement contrôlables.
Car, ne perdons pas de vue, qu’au départ, un driver est quelque chose de positif et une véritable ressource en termes de compétences.
Si vous devez accompagner un ‘’Dépêche-toi’’, nous vous conseillons de travailler sur les axes suivants selon la méthode des petits pas :
- Montrez-lui l’importance d’une bonne préparation et d’un plan d’actions bien ficelé pour, justement, gagner du temps à moyen et long terme. Se précipiter sur ces étapes en amont d’une mission ou d’un projet lui ferait perdre du temps par la suite dans la réalisation.
- Complimentez-le sur son efficacité et son temps de réflexion et non sur le temps qu’il a mis pour effectuer la tâche.
- Soyez bref dans votre communication tout en lui donnant la permission de prendre son temps sur des tâches qui le nécessitent.
- Soyez vigilant sur le nombre de projets sur lequel votre collaborateur/ice ‘’Dépêche-toi’’ s’est engagé(e) et sentez-vous libre d’en suspendre certains le temps de désengorger son agenda. Quoiqu’il en soit, confiez-lui toujours des projets avec une marge temps suffisante.
Si vous vous retrouvez dans ce Driver ‘’Dépêche-toi’’ pensez au dicton suivant : ‘’Qui veut voyager loin ménage sa monture’’
Enfin, gardez en tête que nous activons souvent plusieurs drivers en même temps. Alors suivez bien cette série d’articles qui ont comme unique vocation de vous simplifier la vie.
par Laëtitia Rudelle | Mai 2, 2022 | Tous les articles, Performance managériale, Performance relationnelle
Dans notre article Managers, vos collaborateurs (aussi) ont des émotions, nous introduisions la notion de »Drivers », ces messages contraignants reçus durant notre enfance. Il est temps aujourd’hui d’y accorder plus d’attention et c’est pourquoi nous avons décider de dédier un article à chacun d’entre eux.
En effet, ces injonctions auxquelles nous répondons pour nous sentir aimé(e) et reconnu(e) ont une réelle incidence sur l’efficacité de nos relations interpersonnelles.
Nous allons en explorer chacune des facettes du prisme de nos comportements, de la plus positive à la plus contraignante.
Commençons cette série d’article par le driver ‘’Sois Parfait’’…
Le message contraignant du ‘’Sois Parfait’’
Le ‘’Sois Parfait’’ a donc été ‘nourri’ aux messages suivants : ‘’Tu peux mieux faire’’ ; ‘’Ce n’est pas mal mais j’attendais mieux de toi’’ ; ‘’Tu peux mieux faire’’ ; ‘’Tu aurais pu t’appliquer’’ ; ‘’Tu dois être le premier de ta classe !’’ ; ‘’Rassure-moi, tu as eu la meilleure note ?’’ ; ‘’Refais ce trait, il n’est pas droit’’ ; ‘Tu as dépassé sur ton coloriage’’ ; ‘’Recommence tant que ce n’est pas parfait’’
Ce message contraignant joue le rôle de slogan interne qui influence et oriente toutes nos actions au quotidien et plus encore en situation de stress.
Michaël Reddy, un des pères de l’analyse transactionnelle* dont sont issus les drivers, explique le rôle de ces messages comme suit : ‘’ce sont des pressions internes que nous exerçons sur nous-mêmes pour nous contraindre à mobiliser une énergie d’un autre ordre que celle que nous utiliserions normalement dans les mêmes circonstances’’.
La croyance forte du ‘’Sois Parfait’’ est donc, tout naturellement, ‘’quand on fait une chose, il faut la faire parfaitement’’ ou ‘’Si je ne suis pas parfait alors je ne suis rien’’
Le ‘’sinon’’ implicite pourrait être ‘’sinon tu ne seras pas considéré(e) comme professionnel’’.
Ainsi, la vie du ‘’Sois Parfait’’ se résume à essayer de toujours faire plus et mieux avec une obligation de réussir tout ce qu’il entreprend.
Les points forts du ‘’Sois Parfait’’
Le ‘’Sois Parfait’’ est un perfectionniste ce qui lui confère la capacité de gérer n’importe quel projet de manière très consciencieuse. Organisé et méthodique, il s’assure d’anticiper tout grain de sable dans les rouages et a un plan de sauvegarde pour chacun des obstacles ou des freins potentiels (dont 90% n’arriveront probablement jamais … mais il est prêt, au cas où).
Il suit attentivement tout ce qu’il met en place grâce à une planification efficace et son niveau d’exigence élevé lui permet de produire un travail de grande qualité. Rappelez-vous qu’un ‘’Sois Parfait’’ est avant tout orienté objectifs et solutions.
Réfléchi et prudent, il ne prend pas ses décisions à la légère. Et, une fois engagé dans une tâche, il s’y implique corps et âme avec une rigueur toute militaire.
Impossible de commencer une réunion en retard avec un ‘’Sois Parfait’’ : son sens de la ponctualité est légendaire.
Enfin, le ‘’Sois Parfait’’ possède une excellente moralité avec des valeurs élevées ce qui fait de lui une personne sachant faire preuve de sagesse.
Les points de vigilance du ‘’Sois Parfait’’
Nous l’avons vu, le niveau d’exigence du ‘’Sois Parfait’’ est élevé ce qui lui fait placer la barre toujours très haut. Il lui est alors difficile de se satisfaire de ses performances. Il pointera toujours du doigt ce qui a été ‘mal fait’ (selon son propre référentiel) et ce qui ne va pas. Au-delà de sa propre déception à ne pas avoir été parfait, il est probable que cela en découragera plus d’un autour de lui.
Adepte du sans-faute, il ne conçoit pas de livrer un travail bâclé (là encore, selon son propre référentiel).
Il peut alors plonger dans un souci du détail extrêmement chronophage et énergivore, un peu comme un hamster dans sa roue qui court et tourne sans cesse, sans parvenir à en sortir. Il a, de ce fait, des difficultés à respecter les délais impartis.
Extrêmement contrôlant, le ‘’Sois Parfait’’ délègue peu (c’est bien connu ‘’on n’est jamais mieux servi que par soi-même’’). Lorsqu’il le fait, au-delà d’imposer ses méthodes et sa vision des choses, il sera alors très critique du résultat obtenu. Il va sans dire que lui-même accepte très mal les critiques puisqu’il est … parfait. C’est pourquoi le ‘’Sois Parfait’’ préfère souvent travailler seul.
Évidemment, ce besoin de contrôle s’accompagne d’une aversion pour l’improvisation. Rien n’est spontané avec un ‘’Sois Parfait’’, tout est mûrement réfléchi.
Définir ses priorités reste compliqué pour lui. Tout devant être réalisé avec perfection, il lui arrive de délaisser une opportunité faute de pouvoir l’assumer à 300%.
Enfin, il se concentre principalement sur le ‘Comment’, parfois au détriment du résultat en lui-même qu’il peut finir par perdre de vue.
Vous l’avez compris, leurs craintes principales sont l’échec et la perte de contrôle.
Cela ne vous rappelle rien dans nos fameuses personnalités issues du modèle DISC (lire notre article ‘’Cessez de traiter les autres comme vous souhaiteriez être traité(e)’’) ?
Ce serait-ce pas notre Bleu que nous retrouvons sous le ‘’Sois Parfait’’ ?
Accompagner un ‘’Sois Parfait’’
Évidemment, il ne s’agit pas d’essayer d’éliminer ce carcan mis en place depuis l’enfance et qui limite notre adaptabilité relationnelle. Il s’agit davantage d’apprendre à en retirer du positif en introduisant des permissions afin de reprogrammer un minimum l’inconscient.
L’objectif est évidemment de limiter le stress négatif suscité par ces injonctions fortes ainsi que d’exploiter les forces inhérentes à ces comportements difficilement contrôlables.
Car, ne perdons pas de vue, qu’au départ, un driver est quelque chose de positif et une véritable ressource en termes de compétences.
Si vous devez accompagner un ‘’Sois Parfait’’, nous vous conseillons de travailler sur les 2 axes suivants selon la méthode des petits pas :
- Jusqu’à preuve du contraire, nous ne sommes pas des robots (même si la notion d’infaillibilité de ces machines pourrait être discutée mais ça, c’est un autre débat …). De ce fait, nous avons tous droit à l’erreur. Henry Ford ne disait-il pas ‘’L’échec n’est qu’une opportunité de recommencer la même chose plus intelligemment’’ ? Et, la plus connue de toutes les citations, celle de Nelson Mandela : ‘’Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends’’. Votre rôle sera alors de faire relativiser le ‘’Sois Parfait’’ sur l’impact de l’imperfection (c’est-à-dire un 99% d’atteinte dans sa vision du monde) : Que se passe-t-il exactement lorsqu’il accomplit une tâche de manière imparfaite ? Quels sont les risques ?
- Rassurez-le en dissociant le Faire et l’Être : se tromper ne fait pas de lui une mauvaise personne mais, tout simplement, une personne humaine en constant apprentissage.
- Prenez le temps de lui expliquer ce que vous attendez de lui, les contours de sa mission ou de la tâche confiée en soulignant ce qui est prioritaire et ce qui ne l’est pas. Et, surtout, rappelez-lui qu’il a le droit de demander de l’aide.
Évidemment, comme pour quiconque, il reste primordial de savoir donner des signes de reconnaissance. Pour identifier les plus adéquats, nous vous invitons à lire notre article ‘’Sans reconnaissance, point de salut’’.
Enfin, gardez en tête que nous activons souvent plusieurs drivers en même temps. Alors suivez bien cette série d’articles qui ont comme unique vocation de vous simplifier la vie.
par Laëtitia Rudelle | Avr 14, 2022 | Tous les articles, Performance managériale
Pensez-vous que l’on obtient le meilleur de quelqu’un sous la contrainte et la pression, ou plutôt en le considérant avec intérêt et en l’encourageant ?
Naturellement, la réponse vous semble évidente, et la question « bateau », et pourtant… Combien de collaborateurs déplorent de ne pas être reconnus à leur juste valeur par leurs encadrants ou leur entreprise !
Mais comment se perçoit la reconnaissance pour chacun ?
Quels bénéfices un manager peut-il retirer en cultivant au quotidien la reconnaissance au sein de son équipe ?
Comment insuffler un vent de motivation inégalé grâce à la reconnaissance ?
La reconnaissance : un puissant levier de performance
Lorsqu’un collaborateur met ses qualités au service de l’accomplissement d’une mission, il attend que le manager reconnaisse ses efforts et ses réussites. Si rien ne vient, c’est la démotivation et le désengagement qui guettent.
Impliquer et féliciter son équipe à travers la reconnaissance est une pratique qui permet à chacun de trouver sa place au sein de l’équipe et d’apporter sa contribution au collectif.
Au-delà du formidable boost personnel de dopamine que constitue un compliment ou une marque de gratitude, faire preuve de reconnaissance entraîne un cercle vertueux d’effets positifs sur l’ensemble de l’équipe de travail :
- motivation et engagement décuplés ;
- performance encouragée ;
- climat de confiance et de transparence installé ;
- relationnel avec son équipe consolidé ;
- turnover limité, baisse des arrêts maladie et talents fidélisés ;
- intégration individuelle harmonisée en fonction des compétences.
Verbaliser des compliments fait grandir l’estime de soi. Cela aiguise ainsi le regard porté sur les autres et permet de déceler leurs qualités.
Celui qui reçoit la marque de gratitude prend conscience de ses qualités, et cela lui donne confiance en lui. Mieux, cela l’encourage à s’améliorer !
Cultiver la reconnaissance au travail, c’est apporter aux collaborateurs une véritable source de bien-être et un puissant levier de motivation : un vrai booster de moral facile à mettre en œuvre et qui ne coûte pas un centime !
Les 4 piliers de la reconnaissance selon le DISC
Donner une définition de la reconnaissance est difficile tant le sujet est vaste.
Toutefois, 4 grandes formes de reconnaissance font consensus parmi les nombreux chercheurs qui travaillent sur cette thématique (Christophe André, Eric Berne, etc.)
Elles sont directement liées aux trois dimensions principales du travail : la personne, le processus de travail et le résultat :
- reconnaissance existentielle
relations interpersonnelles, communication, besoins individuels…
- reconnaissance des résultats du travail
récompense basée sur des critères quantifiables : commissions, intéressement, etc.
- reconnaissance de la pratique de travail
– compétences visibles : qualités techniques, savoir-faire, etc.
– compétences cachées : autonomie, créativité, innovation, respect des valeurs et principes de l’entreprise, etc.
- reconnaissance de l’investissement dans le travail : efforts fournis, engagement.
Selon chaque individu, la perception de la reconnaissance se fait de manière différente. Et la reconnaissance seule des résultats tangibles individuels ne suffit pas à satisfaire les besoins d’un individu.
Ainsi, si l’on relie les types de reconnaissance listés ci-dessus aux profils dominants du DISC , on constate les rapprochements suivants :
– Un profil JAUNE est plus sensible à la reconnaissance existentielle ;
– Un profil ROUGE s’attache plus à la reconnaissance de ses résultats ;
– Un profil VERT préfère être reconnu pour ses efforts fournis et son utilité au groupe ;
– Un profil BLEU est plus susceptible quant à la reconnaissance de ses compétences et de ses méthodes.
Comment nourrir la reconnaissance
Vous l’avez compris, selon le profil (et donc les besoins) de chaque collaborateur, la reconnaissance se traduira de manière distincte.
Pour le manager, témoigner de sa gratitude et remercier un collaborateur requièrent des compétences bien particulières.
Rome ne s’est pas faite en un jour : établir un climat interne orienté « reconnaissance » est le fruit d’un travail de longue haleine où l’on mesure le bénéfice des mesures prises année après année.
Il s’agit tout d’abord de respecter certaines bonnes pratiques :
- reconnaître le travail de manière régulière, y compris les réussites les plus infimes ;
- reconnaître l’investissement d’une personne, même si le résultat n’est pas atteint ;
- être précis dans son feed-back : formuler avec clarté ce que l’on reconnaît et argumenter ;
- doser sa gratitude en fonction des efforts fournis ;
- éviter d’en faire trop pour que ça ne sonne pas faux ;
- encourager la célébration des victoires individuelles ou d’équipe (même les petites !)
Les rats… ou l’importance du feed-back
Des chercheurs ont mené des tests avec trois groupes de rats dans trois pièces identiques. Ces trois groupes de rats furent nourris quotidiennement avec la même qualité et la même quantité de nourriture durant plusieurs semaines.
- Le premier groupe fut nourri par un homme chaleureux qui leur parlait en leur amenant la nourriture. Petit à petit, il en vint même à les caresser.
- Le deuxième groupe fut nourri par un distributeur automatique.
- Le troisième groupe fut nourri par un homme colérique qui hurlait en distribuant la nourriture.
À votre avis, dans quelle pièce constata-t-on le taux de mortalité le plus faible et le taux de mortalité le plus fort ?
Bien entendu, on trouva le taux de mortalité le plus faible dans la pièce où la distribution de nourriture se faisait avec gentillesse.
En revanche, le taux de mortalité le plus fort fut constaté dans la pièce où on distribuait la nourriture avec un distributeur automatique !
Qu’il soit positif ou négatif, le feed-back est essentiel ! L’indifférence est la pire des réactions. Mais rien de mieux que la reconnaissance positive !
N.B. Contrairement à ce qui est généralement admis, et particulièrement dans la culture de certains métiers, le feed-back est perçu comme plus important que la rémunération ou les avantages matériels.
Les soft-skills, le socle de l’expression d’une reconnaissance sincère.
Sens de la mesure et autres qualités humaines sont les maîtres-mots pour exprimer sa gratitude :
- Assertivité : exposer son point de vue clairement et sans détour sans blesser ni s’imposer ;
- Authenticité : rester fidèle à soi-même et faire preuve de transparence ;
- Intelligence émotionnelle : savoir utiliser ses émotions à bon escient et respecter celles d’autrui ;
- Sincérité : congratuler avec justesse, remercier avec mesure. En faire des tonnes ou feindre la reconnaissance aurait un effet délétère ;
- Simplicité : opter pour des mots simples, ils valent mieux qu’un long discours emphatique.
La pratique de la reconnaissance est une compétence clé dans le management d’aujourd’hui.
Partager des marques d’attention régulières, pratiquer le merci au quotidien… Lorsqu’un manager maîtrise ces pratiques, il essaime au sein d’un service une ambiance bienveillante, qui peut irradier dans l’entreprise tout entière.
Le cercle vertueux de la reconnaissance se met en place et c’est toute une culture d’entreprise qui change.